Observation responsable des baleines à Madère : comment choisir son bateau
Comment savoir si un opérateur d'observation des baleines à Madère est responsable ?
Cherchez un opérateur titulaire d'un permis qui suit le code d'approche officiel : pas plus de deux ou trois bateaux près d'un animal à la fois, moteurs au ralenti ou coupés à l'approche, temps d'observation maximal d'environ 10 à 15 minutes, et aucune poursuite ni approche de face. Les opérateurs certifiés l'affichent ouvertement ; si un équipage se vante de s'approcher de près ou d'encercler un animal, réservez ailleurs.
Tous les bateaux au départ de Funchal ne suivent pas les mêmes règles
Les eaux de Madère abritent l’une des populations de cétacés les plus stables tout au long de l’année dans l’Atlantique, et l’île a bâti autour de cette observation une véritable industrie touristique. Ce que l’on dit moins souvent, c’est que les bateaux qui pratiquent cette observation ne répondent pas tous aux mêmes exigences. Un permis et un code de conduite écrit existent, mais personne ne surveille sur le quai que chaque skipper les respecte. La différence entre une sortie qui respecte les animaux et une autre qui les harcèle pour une meilleure photo tient au choix de l’opérateur, pas à la chance.
Cela compte davantage à Canical que presque partout ailleurs dans l’archipel, en raison de ce que la ville faisait autrefois pour vivre.
D’un port baleinier à un sanctuaire
Canical était le port baleinier de Madère. Des cachalots étaient chassés depuis des embarcations lancées de cette côte jusque dans les années 1980, la dernière prise commerciale étant enregistrée en 1981. Le musée de la Baleine occupe le site de l’ancienne usine où les prises étaient traitées, et il n’édulcore pas ce qui s’y passait. Quelques années à peine après la fin de la chasse, ces mêmes eaux ont été reclassées, et les animaux autrefois pourchassés pour leur huile et leur chair sont devenus la raison pour laquelle les touristes viennent aujourd’hui.
Ce revirement est réel, mais il est aussi assez récent pour que les habitudes de l’ancienne industrie n’aient pas totalement disparu. Certains opérateurs actuels descendent de familles qui ont pêché ou chassé la baleine sur cette côte pendant des générations, et leur savoir-faire marin est souvent excellent. Mais l’habileté en mer n’est pas la même chose que la retenue face à un animal sauvage, et un équipage habitué à poursuivre les choses avec un bateau peut conserver ce réflexe lors d’une sortie d’observation, sans intention de nuire. Le code d’approche existe justement pour retirer ce réflexe de l’équation.
Ce que dit vraiment le code d’approche
Les autorités régionales de Madère encadrent l’observation commerciale des baleines et des dauphins par un système de licences et un ensemble de règles d’approche. Les détails varient légèrement selon le permis, mais le socle commun suivi par les opérateurs responsables reste constant :
| Règle | Ce que cela signifie en pratique |
|---|---|
| Nombre de bateaux | Pas plus de deux ou trois navires dans la zone d’approche rapprochée d’un même groupe d’animaux à la fois |
| Angle d’approche | Les bateaux approchent par le côté ou légèrement par l’arrière, jamais de face ni en coupant la trajectoire |
| Comportement des moteurs | Moteurs ralentis bien avant l’arrivée, souvent au ralenti ou coupés une fois proches, jamais poussés pour suivre le rythme d’un groupe en mouvement |
| Durée maximale | Environ 10 à 15 minutes avec un même groupe avant de s’éloigner pour laisser la place à d’autres bateaux, ou de quitter les lieux entièrement |
| Pas de poursuite | Si un groupe s’éloigne du bateau, la sortie ne le suit pas ; ce sont les animaux qui choisissent la rencontre, pas le skipper |
Rien d’exotique là-dedans. C’est la même logique que dans les codes d’observation des baleines partout dans le monde : un animal sans cesse encerclé, suivi ou coupé par le trafic maritime modifie son comportement, et une mère accompagnée d’un petit est particulièrement vulnérable à cette pression. Ce qui est spécifique à Madère, c’est le système de file d’attente pour le nombre de bateaux, réponse directe à l’affluence des eaux au large de Funchal et de Canical en haute saison, lorsque plusieurs opérateurs peuvent travailler sur le même tronçon de côte à portée de vue les uns des autres.
Pourquoi « nous avons vu des baleines » n’égale pas « c’était une bonne sortie »
Il est facile de juger une sortie d’observation des baleines uniquement sur ce qui a fait surface. C’est le mauvais critère, et c’est précisément celui qui permet aux mauvais opérateurs de s’en tirer, car un animal poursuivi, encerclé ou harcelé compte quand même comme une observation sur un site d’avis. Une sortie où trois bateaux encerclent un groupe de globicéphales pendant vingt minutes pour que chaque passager obtienne une photo de près récoltera cinq étoiles de la part de gens qui ignorent ce qu’ils ont réellement observé.
La meilleure question n’est pas si les animaux ont été trouvés, mais ce que le bateau a fait une fois trouvés. Un skipper responsable qui arrive sur un groupe déjà entouré de deux autres bateaux se tiendra à l’écart et attendra plutôt que de forcer une troisième position. Un skipper responsable accompagnant un groupe qui bifurque et s’éloigne le laissera partir plutôt que de mettre les gaz pour suivre. Les passagers d’une sortie bien menée reviennent parfois avec des observations à distance pendant la majeure partie de la rencontre, sans passage spectaculaire de près, et c’est précisément à cela que ressemble un code bien respecté, pas un échec de la sortie.
Les signes d’un opérateur sérieux
Quelques éléments concrets à vérifier avant de payer, la plupart accessibles depuis l’annonce de l’opérateur ou en posant directement la question :
- Une licence ou un permis clairement mentionné. L’observation commerciale des baleines à Madère nécessite une autorisation. Un opérateur sûr de sa légitimité le dira ouvertement plutôt que de rester vague à ce sujet.
- Un guide formé ou un biologiste à bord, pas seulement un skipper. Ce n’est pas une obligation légale partout, mais sa présence est fortement corrélée à un comportement d’approche discipliné, car quelqu’un à bord a une raison professionnelle de faire passer les animaux avant le programme.
- Une mention claire que les observations ne sont pas garanties. Les opérateurs qui promettent des baleines, ou laissent entendre que chaque sortie réserve quelque chose de spectaculaire, en disent long sur la manière dont ils pourraient se comporter une fois vraiment à côté d’un groupe, pour tenir cette promesse.
- La volonté d’expliquer les règles d’approche sans qu’on le demande. Demandez combien de bateaux ils autorisent près d’un même groupe et combien de temps ils restent. Un équipage qui répond précisément, avec des chiffres, est un équipage qui y réfléchit. Un équipage qui hausse les épaules ne l’est pas.
- Des bateaux plus petits, des groupes plus petits. Ce n’est pas une règle absolue, mais un semi-rigide léger avec huit passagers a plus de marge pour manœuvrer en douceur qu’un grand catamaran avec quatre-vingt-dix personnes, et tend à attirer des opérateurs qui ont bâti leur activité autour de l’observation plutôt que du volume.
Ce qu’il faut surveiller une fois en mer
Même avec un bon opérateur réservé, il est utile de savoir à quoi ressemble une mauvaise pratique, car une journée chargée peut placer plusieurs bateaux sur le même tronçon de mer, quel que soit l’opérateur choisi.
Guettez les bateaux qui se regroupent étroitement autour d’un même animal ou groupe plutôt que de se répartir et de se relayer. Guettez un skipper qui accélère pour suivre un groupe qui s’éloigne clairement, plutôt que de laisser la rencontre se terminer. Guettez les approches qui coupent directement la trajectoire d’un animal au lieu d’arriver en angle. Rien de tout cela n’est toujours délibéré, les conditions de mer et le trafic d’autres bateaux compliquent chaque approche, mais un comportement répété tout au long d’une sortie justifie amplement de le signaler ensuite, que ce soit à l’opérateur, à une plateforme de réservation ou à l’autorité touristique régionale.
Le signalement compte plus à Madère que ne le suggère la taille de l’industrie. La réglementation y fonctionne moins par des patrouilles actives que par le fait que les opérateurs savent que les passagers, les autres bateaux, et à terme l’organisme de licence, remarqueront un comportement répété de non-respect. Un code que personne ne surveille n’en est plus vraiment un.
Combiner une sortie responsable avec le reste de la côte
Une sortie d’observation des baleines est souvent associée à, ou réservée en complément d’autres activités sur le littoral de Canical. Une [
sortie de pêche guidée au départ de Canical
part du même port et donne une idée de la façon dont les skippers locaux lisent ces eaux au quotidien, une comparaison utile pour juger du savoir-faire marin d’un opérateur d’observation. Pour une soirée en mer sans le départ matinal qu’exige habituellement une sortie d’observation, une
balade en bateau au coucher du soleil avec snorkeling
couvre un territoire similaire à un rythme plus doux.
Plus loin le long de la côte vers la pointe orientale de l’île, une
sortie en voilier le long de la côte est vers une crique plus tranquille
traverse certaines des mêmes eaux où les groupes de cétacés sont régulièrement observés, sans être présentée comme une sortie d’observation dédiée, ce que certains voyageurs préfèrent justement parce qu’aucune pression ne pèse sur le skipper pour garantir une observation.
Les voyageurs se rendant sur la péninsule elle-même pour la marche jusqu’à Ponta de Sao Lourenco l’associent parfois à une
sortie snorkeling au large des criques abritées de la péninsule
le même jour, pour une vision complète de cette extrémité de l’île, depuis la terre comme depuis l’eau.
Où cela s’inscrit dans le reste de la côte
Canical mérite une visite plus lente que ne le permettent la plupart des itinéraires de première visite. Le musée de la Baleine est l’endroit pour comprendre ce qui a changé en 1981 et pourquoi, avant ou après une sortie en mer qui donne à cette histoire un contexte supplémentaire. Pour une vue d’ensemble des espèces, des saisons et des points de départ des sorties à travers l’île, le guide général de l’observation des baleines et des dauphins couvre ce terrain.
Les plongeurs curieux de découvrir la vie marine sous l’eau plutôt que depuis le pont d’un bateau devraient se tourner vers la réserve marine de Garajau, l’autre grande zone de protection marine de Madère sur cette même côte est. Et pour une vision plus large du choix d’un opérateur de bateau sur cette côte en général, pas seulement pour l’observation des baleines, le guide des sorties en bateau depuis Funchal passe en revue les options au départ de la capitale.
Rien de tout cela ne demande d’expertise particulière pour un visiteur. Il suffit de poser deux ou trois questions directes avant de réserver, et de prêter attention à ce que fait réellement le bateau une fois que quelque chose fait surface. Sur une côte qui a chassé ces animaux pendant plus d’un siècle et qui les observe depuis moins d’un demi-siècle, cette attention est le minimum qu’un visiteur puisse apporter.
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