Îles Desertas : la réserve naturelle interdite de Madère
À travers Madère

Îles Desertas : la réserve naturelle interdite de Madère

Réserve naturelle stricte à 25 km de Madère, refuge du phoque moine. Aucun débarquement autorisé — les bateaux approchent sans accoster.

L'essentiel en bref

Distance depuis Funchal
~25 km au sud-est, accessible en bateau uniquement
Coût d'une journée
70–140 € par personne
Meilleure saison
Avril à octobre
Temps nécessaire
Journée complète, 7–9 heures aller-retour
Peut-on y débarquer ?
Non — approche en bateau uniquement
Idéal pour
Les amateurs de faune espérant apercevoir le phoque moine de Méditerranée, Les nageurs et snorkeleurs confirmés à l'aise en eaux atlantiques ouvertes, Les photographes en quête de paysages volcaniques spectaculaires et arides, Les voyageurs ayant apprécié Ponta de São Lourenço et voulant retrouver ce type de paysage
Meilleure période pour visiter
D'avril à octobre, quand la houle atlantique est plus calme et les traversées plus fiables
Jours nécessaires
1
Réponse rapide

Peut-on visiter les îles Desertas ?

Oui, mais uniquement en bateau. Les Desertas forment une réserve naturelle stricte et le débarquement du public y est interdit sans autorisation scientifique spéciale : les sorties d'une journée longent la côte et mouillent au large plutôt que de poser le pied sur les îles.

Une réserve que l’on observe depuis l’eau, jamais depuis le sable

Regardez vers le sud-est depuis Ponta de São Lourenço par une journée claire, et la silhouette à l’horizon, ce sont les îles Desertas : trois longues crêtes nues, brun-rouge, surgissant de l’Atlantique, inhabitées et pratiquement inchangées depuis que les marins portugais les ont cartographiées pour la première fois. Elles appartiennent à l’histoire de Madère, mais pas vraiment à son circuit touristique habituel — il n’y a ni ferry vendant des billets pour y accoster, ni café, ni sentier à parcourir.

Les Desertas forment une réserve naturelle stricte, et le fait essentiel à retenir avant toute sortie ici est que vous n’y poserez pas le pied. Ce que vous pouvez faire, c’est vous en approcher en bateau, longer leurs falaises et, avec un peu de chance plus que de certitude, apercevoir l’un des mammifères marins les plus rares au monde.

Cette page traite précisément de cette expérience : les Desertas en tant que réserve protégée, le phoque moine qui en dépend, et les sorties en bateau à la journée depuis Funchal qui approchent les îles sans y débarquer. Il ne s’agit pas ici d’observation générale des baleines et des dauphins autour de Madère, sujet couvert par un guide dédié sur les sorties depuis Funchal, Calheta et Caniçal, centrées sur les cétacés plutôt que sur les Desertas elles-mêmes.

Les îles elles-mêmes

Les Desertas comprennent trois terres alignées à peu près du nord au sud : Ilhéu Chão, la plus petite et la plus proche de Madère ; Deserta Grande, de loin la plus grande avec environ 10 km de long, celle que longent la plupart des sorties ; et Bugio, la plus méridionale et la plus reculée. Toutes trois sont volcaniques, arides, et pratiquement dépourvues d’eau douce ou de végétation, hormis quelques herbes rases — un contraste saisissant avec la côte nord verdoyante et couverte de laurisylve de Madère, à seulement 25 km de là. Le nom lui-même est explicite : desertas signifie simplement désertées.

Personne n’y vit à demeure. Un petit poste de gardes sur Deserta Grande loge le personnel de la réserve en rotation, mais il n’existe ni village, ni infrastructure pour les visiteurs, ni mouillage assez abrité pour un débarquement improvisé, même s’il était autorisé. Les falaises plongent abruptement dans la mer sur la majeure partie du littoral, ce qui contribue à faire de ces îles un refuge si efficace pour les espèces qui en dépendent.

Pourquoi les Desertas sont-elles protégées

Les Desertas ont été classées réserve naturelle en 1990, spécifiquement pour protéger l’un des derniers bastions du phoque moine de Méditerranée (Monachus monachus), l’un des mammifères marins les plus menacés au monde. Chassé jusqu’au bord de l’extinction dans toute la Méditerranée et l’Atlantique oriental au cours du vingtième siècle, la population des Desertas est devenue l’une des rares colonies encore existantes, et la réserve a pour vocation de lui offrir un espace sans dérangement, sans pression de pêche et sans contact humain.

La protection dépasse le cas des phoques. Les falaises de Deserta Grande et de Bugio abritent d’importantes colonies d’oiseaux marins, dont le pétrel de Zino — une espèce qui ne se reproduit presque nulle part ailleurs sur Terre — aux côtés du puffin cendré et du pétrel de Bulwer. Les eaux environnantes, largement épargnées par l’urbanisation côtière et le trafic maritime intense, abritent également une population saine de dauphins et de cétacés de passage. L’accès y est strictement contrôlé, précisément parce que cette combinaison d’isolement et de pression humaine minimale est ce qui fait fonctionner la réserve.

Concrètement, cela signifie aucun débarquement public, aucun mouillage dans les criques sensibles où les phoques se reposent, et aucun opérateur autorisé à y déposer des passagers. Les compagnies de bateau sérieuses gardent une distance respectueuse en cas d’observation d’un phoque plutôt que de s’en approcher pour une meilleure photo, et l’étiquette qui s’applique aux rencontres responsables avec les cétacés ailleurs à Madère s’applique tout autant ici — lisez le guide de l’observation responsable des baleines avant de réserver si le respect de la faune vous importe.

Peut-on débarquer sur les îles Desertas ?

Non — et ce point mérite d’être répété, car il est facile de tomber sur des descriptions anciennes ou imprécises en ligne qui laissent penser qu’un débarquement fait partie de l’expérience. Ce n’est pas le cas. Poser le pied sur Ilhéu Chão, Deserta Grande ou Bugio nécessite un permis formel de l’Instituto das Florestas e Conservação da Natureza (IFCN), l’organisme qui gère les zones protégées de Madère, permis délivré uniquement à des fins de recherche, de conservation ou de gestion de la réserve.

Il n’existe aucune voie permettant à un touriste d’en faire la demande, et aucun opérateur commercial ne vend ni n’organise d’accès au débarquement. Toute sortie annoncée comme un « tour des îles Desertas » est, sans exception, une sortie en bateau qui reste au large.

Ce n’est pas une simple contrainte administrative dont il faudrait s’agacer, mais bien la raison pour laquelle la réserve compte encore des phoques moines aujourd’hui. Considérez les Desertas comme un lieu que l’on observe depuis un pont de bateau, appareil photo en main, plutôt qu’une destination où l’on marche.

S’y rendre : sorties en bateau depuis Funchal

Les sorties à la journée vers les Desertas partent de la marina de Funchal, généralement en milieu de matinée, avec un retour en milieu ou fin d’après-midi. La traversée elle-même dure environ une heure trente à deux heures dans chaque sens, à bord de catamarans, de voiliers ou de vedettes rapides à coque rigide selon l’opérateur, et la plupart des itinéraires prévoient des arrêts baignade, snorkeling ou simplement de dérive le long du littoral une fois les îles atteintes.

Comme il n’y a pas de débarquement à organiser, le déroulé d’une journée aux Desertas est simple : traversée aller, quelques heures à longer le littoral est de Deserta Grande avec du temps dans l’eau si les conditions le permettent, puis traversée retour. Certains opérateurs intègrent une boucle plus large englobant les falaises près de Ponta de São Lourenço ou les eaux au large de Caniçal, l’ancien port baleinier de Madère qui abrite aujourd’hui le musée de la Baleine, un complément utile pour comprendre l’histoire maritime de la région avant ou après une sortie aux Desertas.

Une option de voile privée qui parcourt ce tronçon de côte est

un affrètement privé couvrant les eaux au large de la pointe est en direction des Desertas

, adapté aux petits groupes recherchant plus de souplesse qu’un catamaran à départs fixes. Pour une traversée plus rapide et plus riche en sensations,

une sortie en vedette rapide le long de la côte sud pouvant s’étendre jusqu’aux Desertas

couvre un trajet similaire en moins de temps.

Si vous préférez la voile au moteur,

une sortie à la voile sur la côte est qui explore ce même tronçon d’Atlantique

parcourt ces mêmes eaux orientales à un rythme plus tranquille, bien qu’elle ne soit pas vendue en tant que traversée dédiée aux Desertas — vérifiez toujours l’itinéraire exact d’un opérateur avant de réserver si atteindre les îles est votre objectif précis.

Les départs depuis la marina de Funchal se remplissent vite en haute saison, et les annulations pour cause de mauvais temps sont assez fréquentes ; mieux vaut réserver une date flexible, ou prévoir une marge avant le vol retour, en l’intégrant à un itinéraire d’une semaine à Madère ou à la semaine plus longue Madère et Porto Santo.

À quoi s’attendre le jour J

L’état de la mer conditionne presque tout dans une sortie aux Desertas. La côte sud de Madère, abritée par le relief de l’île, est en général calme ; les eaux ouvertes autour des Desertas ne le sont pas, et la houle se renforce nettement une fois les bateaux sortis de l’abri de Madère. Toute personne sujette au mal de mer devrait prendre ses précautions avant l’embarquement plutôt qu’après avoir quitté le port — il n’existe pas de retour rapide une fois à une heure du large.

La faune est le principal attrait et le plus difficile à garantir. Les dauphins sont assez souvent observés pendant la traversée, chevauchant l’étrave ou croisant devant le bateau, et les équipages repèrent généralement vite leur présence. Le phoque moine de Méditerranée est une autre affaire : la population est réduite, méfiante des bateaux, et se repose sur des tronçons de côte reculés que les navires doivent approcher avec prudence et à distance. Une observation constitue un vrai moment fort quand elle se produit, pas une ligne garantie du programme. Méfiez-vous de tout opérateur qui promet une rencontre avec un phoque — les compagnies sérieuses reconnaissent honnêtement que cela dépend du jour.

Quand les conditions le permettent, la plupart des sorties incluent un arrêt baignade ou snorkeling en eau libre au large des îles, bien à l’écart de toute zone de repos des phoques. L’eau y est claire et nettement moins fréquentée que les piscines côtières de Madère elle-même, mais il s’agit d’Atlantique ouvert plutôt que d’une baie abritée — le courant et la profondeur y sont plus importants qu’aux piscines naturelles de Porto Moniz ou de Seixal, et les nageurs doivent être à l’aise en eau libre.

Comparer les façons de découvrir les Desertas

Type de sortieDurée typeDébarquement ?Idéal pour
Sortie catamaran/vedette à la journée7–9 heuresNonObservation de la faune, arrêts baignade, sorties en groupe
Affrètement privé à la voile4–8 heuresNonSouplesse, petits groupes, rythme plus calme
Vue depuis Ponta de São LourençoGratuit, à piedSans objet (îles vues depuis Madère)Un aperçu sans bateau, par temps clair uniquement
Visite de recherche/conservationPlusieurs joursOui, sur permis IFCN uniquementNon accessible au public

La faune que vous pourriez observer

Au-delà du phoque moine, la traversée et le littoral autour des Desertas abritent une faune plus large qui mérite l’attention. Les dauphins communs et les grands dauphins sont les cétacés les plus fréquemment observés sur ce trajet, et des globicéphales ou des baleines à bec traversent occasionnellement ces eaux, bien que — comme pour le phoque moine de Méditerranée — rien au large ne soit garanti.

Au-dessus, les falaises de Deserta Grande et de Bugio accueillent des oiseaux marins nicheurs au printemps et en été, dont certaines espèces que l’on ne trouve presque nulle part ailleurs dans cette partie de l’Atlantique. Pour une vue d’ensemble de ce qui nage et vole autour de Madère, le guide d’observation des baleines et des dauphins et la page de la réserve marine de Garajau, qui couvre l’autre grande zone marine protégée de l’archipel, sont des lectures complémentaires utiles.

Si la plongée plutôt qu’une sortie à la journée vous intéresse davantage, notez que les Desertas ne sont pas en elles-mêmes un site de plongée ouvert au public — la plongée protégée comparable la plus proche se trouve à Garajau ou à Caniço de Baixo, toutes deux accessibles depuis la côte sud de Madère ; voir le guide de la plongée à Madère pour les détails pratiques.

Meilleure période de l’année pour y aller

D’avril à octobre est la fenêtre la plus fiable. La houle atlantique autour des Desertas s’apaise au printemps et en été, les traversées respectent mieux les horaires, et la visibilité s’améliore aussi bien pour l’observation de la faune que pour le snorkeling. Juillet et août attirent le plus de bateaux et les prix les plus élevés, si bien que les mois intermédiaires — mai, juin, septembre — offrent souvent une traversée plus stable et un pont plus calme, pour des conditions météo comparables.

Les sorties hivernales (novembre à mars) existent bel et bien, mais elles sont bien moins prévisibles. Les dépressions atlantiques apportent plus souvent une houle importante, et les opérateurs annulent purement et simplement plutôt que de tenter une traversée inconfortable ou dangereuse ; une réservation hivernale doit donc être considérée comme provisoire plutôt que ferme — un point à connaître si une sortie aux Desertas figure parmi les incontournables d’un court séjour hivernal.

Budgétiser une journée aux Desertas

Une sortie en bateau partagé classique coûte entre 70 et 100 € par personne environ, incluant en général des collations ou un déjeuner léger et l’utilisation du matériel de snorkeling. Les affrètements privés, à voile ou en vedette, coûtent davantage — d’environ 100 à 140 € ou plus par personne selon la taille du groupe et le navire, et sensiblement plus encore pour un affrètement privé complet destiné à un petit groupe. Comme pour la plupart des sorties en bateau à Madère, les prix grimpent en juillet et août et redescendent en saisons intermédiaires.

Gardez à l’esprit qu’il s’agit d’un engagement sur une journée entière plutôt que d’une demi-journée d’appoint : compte tenu du temps de traversée dans les deux sens, il reste peu de place pour combiner une sortie aux Desertas avec autre chose le même jour ; mieux vaut donc organiser son programme autour d’elle plutôt que de la caser dans un itinéraire déjà chargé comme un séjour de trois jours à Madère, où le temps manque déjà.

Notes pratiques avant de réserver

Prévoyez plus d’affaires que vous ne le pensez pour une journée en mer : un chapeau et une crème solaire respectueuse des récifs, car il n’y a aucune ombre une fois éloigné de la côte de Madère ; une couche légère, car le large peut sembler sensiblement plus frais et plus venté qu’à Funchal ; et des comprimés contre le mal de mer pris bien avant le départ si vous avez des antécédents de malaise en mer. Un maillot de bain et une tenue de rechange valent la peine d’être emportés si l’itinéraire prévoit un arrêt baignade.

Vérifiez les conditions d’annulation avant de payer. Comme la traversée vers les Desertas dépend fortement de l’état de la houle, les opérateurs annulent ou modifient les itinéraires plus souvent que pour des sorties abritées sur la côte sud, et une politique autorisant un changement de date gratuit plutôt qu’une réservation perdue mérite d’être privilégiée par rapport à un tarif légèrement plus bas. Prévoir une journée de marge dans votre séjour, plutôt que de réserver une sortie aux Desertas pour votre dernier jour complet à Madère, élimine la majeure partie du stress si la météo ne coopère pas.

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