Mercado dos Lavradores : le guide pratique
Gastronomie

Mercado dos Lavradores : le guide pratique

Réponse rapide

Qu'est-ce que le Mercado dos Lavradores et vaut-il le détour ?

C'est le marché Art déco de Funchal, inauguré en 1940, réparti entre un étage des fleurs et des fruits et un étage du poisson qui vend l'espada preta (poisson-sabre noir). Une visite tôt le matin, idéalement le vendredi ou le samedi, en vaut la peine — mais il faut négocier fermement le prix avant de goûter quoi que ce soit.

Un marché pensé pour les agriculteurs, pas pour les touristes

Le Mercado dos Lavradores — littéralement le « marché des travailleurs » ou « marché des agriculteurs » — a ouvert en 1940 dans un bâtiment Art déco construit à cet effet, à quelques rues de la vieille ville de Funchal. Il devait offrir aux petits exploitants agricoles de l’île un vrai lieu couvert pour vendre leur production, et ce caractère laborieux n’a pas entièrement disparu, même si le marché repose aujourd’hui largement sur les visiteurs.

Le bâtiment lui-même mérite qu’on le regarde lentement : pierre à motifs géométriques, cour centrale ouverte sur le ciel, et panneaux de carreaux représentant la vie rurale de l’île, assez typiques de l’architecture civique portugaise de l’époque. Il se trouve à proximité de la cathédrale de Funchal et à distance de marche facile de la marina, ce qui l’intègre naturellement à une matinée plus longue autour du centre-ville.

Ce guide se concentre sur le marché lui-même : ce qu’on trouve à chaque étage, quand y aller, et la chose dont presque tout visiteur se fait piéger. Pour la scène culinaire de Funchal en général, restaurants compris, voir le guide où manger par quartier, et pour les traditions culinaires de Madère dans leur ensemble, le guide gastronomique de Madère couvre le terrain que cette page laisse délibérément de côté.

Disposition : deux étages, deux ambiances très différentes

Le marché s’organise sur deux niveaux principaux, et ce sont deux mondes.

L’étage supérieur, de plain-pied avec la rue, est celui par lequel on arrive, et il est dominé par les fleurs et les fruits. Les étals sont serrés les uns contre les autres, tenus le plus souvent par des femmes en foulard et tablier traditionnels madériens, qui occupent parfois le même emplacement depuis des décennies.

On y voit des fleurs d’oiseau de paradis (strelitzia, l’emblème officieux de l’île) en bouquets prêts pour l’exportation, aux côtés de paniers de fruits qu’on croise rarement hors des tropiques : chérimole (anona), fruit de la passion (maracujá), tamarillo, des variétés de bananes plus petites et plus sucrées que le standard de supermarché, et parfois un étal de fruits secs, de noix et d’épices. C’est coloré, dense, très photogénique — ce qui explique en partie pourquoi c’est aussi là que le piège de la dégustation décrit plus bas se produit le plus souvent.

Un escalier près du centre du bâtiment mène à l’étage du poisson, piso do peixe, et l’atmosphère change complètement. Il y fait plus frais, le sol est humide, et ça sent fortement la mer. C’est là que se trouve le vrai spectacle du marché : l’espada preta, le poisson-sabre noir, enroulé en piles luisantes sur la glace.

C’est une créature à l’aspect étrange — longue, noire, fine comme un ruban, avec une gueule hérissée de dents bien visibles — remontée de profondeurs de 800 mètres ou plus au large des côtes madériennes, une pêche suffisamment particulière pour être une véritable curiosité locale plutôt qu’un attrape-touriste. À côté, on trouve du thon, des sardines, du poulpe et des patelles (lapas), ainsi que, parfois, un étal de fruits de mer vendus au poids. Les photographes ont tendance à s’attarder ici plus que partout ailleurs dans le bâtiment.

L’espada preta, en bref

Il vaut la peine de savoir un minimum ce qu’on a sous les yeux, car le poisson-sabre surprend la plupart des visiteurs de passage. L’espada preta vit à très grande profondeur, bien au-delà de ce qu’atteint la pêche commerciale habituelle, ce qui explique en partie pourquoi il est si spécifiquement associé à Madère plutôt qu’au Portugal continental. Dans l’assiette, on le sert le plus souvent avec de la banane, un mariage sucré-salé qui semble improbable et fonctionne pourtant très bien. Pour le goûter réellement plutôt que simplement le regarder, il faut passer par un restaurant — voir le guide où manger par quartier — l’étage du poisson du marché sert à acheter cru, pas à consommer sur place.

Horaires d’ouverture et quel jour choisir

JourHoraires habituelsRemarques
Lundi–jeudienv. 7 h–20 hPlus calme, certains étals moins fournis
Vendredienv. 7 h–21 hLe jour le plus animé, meilleur choix
Samedienv. 7 h–19 h/20 hAnimé, prisé des habitants pour les courses de la semaine
DimancheFerméBâtiment entièrement clos

Ces horaires varient légèrement selon la saison et ne sont garantis par aucune autorité centrale : considérez ce tableau comme un repère pour organiser sa visite plutôt qu’une promesse. La conclusion pratique est plus simple que le tableau : venez tôt, et venez le vendredi ou le samedi si vous voulez le marché à son plein régime.

Arriver vers 9 h vous garantit le meilleur de l’étage du poisson avant que la glace ne fonde et que la pêche du jour ne s’amenuise, et cela permet d’éviter l’afflux de milieu de matinée lié aux croisiéristes, une fois les navires à quai au port de croisière. Si la foule n’est vraiment pas votre tasse de thé, une fin de matinée de mardi ou mercredi est plus calme, au prix d’un choix d’étals moins complet.

La fermeture du dimanche piège plus de monde que n’importe quel autre détail de cette page. Si un dimanche matin est le seul créneau dont vous disposez à Funchal, organisez-vous en conséquence plutôt que de vous retrouver devant un bâtiment fermé — la vieille ville et le quartier de la cathédrale restent ouverts et constituent une alternative raisonnable pour cette matinée-là.

Le piège de la dégustation — à lire avant de goûter le moindre morceau de fruit

C’est la chose la plus importante à retenir de tout ce guide. À l’étage des fleurs et des fruits, il est extrêmement courant qu’un vendeur découpe une tranche de quelque chose — fruit de la passion, tamarillo, morceau d’ananas — et vous la tende avant même d’avoir discuté le prix. Cela ressemble à de l’hospitalité. C’est très souvent l’amorce d’une vente, et ce n’est pas gratuit selon la logique du vendeur, même si rien n’a été dit sur le paiement.

Le scénario se déroule de plusieurs façons. Parfois on vous tend un morceau, vous le mangez, puis on vous demande d’acheter un sac à un prix bien supérieur à ce que paierait un habitant. Parfois la dégustation s’enchaîne — un deuxième morceau, un fruit différent — avant que l’addition n’arrive, calculée au kilo à un tarif qui rend « l’échantillon » étonnamment cher une fois pesé. Rien de tout cela n’est illégal ni même inhabituel selon les standards des marchés dans le monde, mais cela prend au piège les visiteurs qui pensent qu’une dégustation offerte est offerte sans contrepartie.

La parade est simple et ne demande aucune impolitesse : demandez le prix avant de manger quoi que ce soit, pas après. « Combien ça coûte ? » avant que le couteau ne touche le fruit, pas une fois le morceau dans la main. Si un morceau vous est tendu avant que vous ayez demandé, il est tout à fait acceptable de dire merci et de le rendre plutôt que de le manger, si vous ne souhaitez pas vous engager dans un achat.

Si vous voulez acheter, convenez ensemble du prix et de la quantité : certains étals annoncent un prix confiant à la pièce, puis pèsent et facturent au kilo si vous n’avez pas fixé le total au préalable. Rien de tout cela ne rend le marché moins intéressant ; cela signifie simplement aborder l’étage des fleurs et des fruits un peu plus comme une négociation que comme une boutique de cadeaux.

Notes pratiques

S’y rendre est simple : le marché se trouve à distance de marche facile de la vieille ville et de la cathédrale, si bien que la plupart des visiteurs l’intègrent tout naturellement à une matinée de promenade dans le centre de Funchal plutôt que d’en faire une sortie à part. Si vous logez le long de la promenade du Lido ou près de la marina, c’est une marche plate et facile jusqu’au centre.

Les espèces restent vraiment utiles ici — petites coupures et pièces facilitent les transactions rapides aux étals de fruits et aux bars à jus — même si les grands étals et les vendeurs de souvenirs acceptent de plus en plus la carte. Mieux vaut prévoir un mélange des deux plutôt que de compter uniquement sur l’un ou l’autre.

La photographie est généralement bien accueillie, surtout à l’étage du poisson où le spectacle visuel fait partie de l’attrait, mais la politesse veut qu’on demande avant de pointer un appareil directement sur un vendeur plutôt que sur sa marchandise seule. Un petit achat de quelques euros tend à détendre tout le monde à propos d’une photo.

Le bâtiment du marché abrite aussi quelques petites gargotes et bars à jus, pratiques pour un jus tropical frais ou un en-cas rapide entre les deux étages, mais ce n’est pas un lieu de déjeuner assis en soi — la scène culinaire plus large de Funchal, couverte dans le guide où manger par quartier, est un meilleur choix pour un vrai repas. Des étals à souvenirs vendant vannerie, broderie, épices et vin de Madère ou poncha en bouteille sont disséminés dans tout le bâtiment ; les prix ne sont pas toujours fixes, mieux vaut donc comparer mentalement deux ou trois étals avant d’acheter plutôt que de se contenter du premier venu.

Pour intégrer le marché à une journée plus complète, voir l’itinéraire Funchal en un jour, qui l’enchaîne avec la vieille ville, le téléphérique de Monte et le reste du centre-ville.

Et si le marché donne envie de découvrir les spécialités sucrées de Madère plutôt que son poisson, une expérience autour du gâteau au miel est une suite naturelle :

une dégustation guidée au musée du gâteau au miel

approfondit le bolo de mel, l’emblème sucré de l’île, bien au-delà de ce qu’un étal de marché peut offrir, et

une visite sensorielle du musée consacrée au bolo de mel

se combine bien avec une matinée au marché.

Pour changer complètement de registre, loin des fruits et du poisson,

une dégustation de chocolat fin avec vue sur Funchal

vient compléter une journée centrée sur la gastronomie, et ceux qui préfèrent mettre la main à la pâte peuvent essayer

une expérience pratique de gâteau au miel autour de la tradition boulangère de l’île

.

Mercado dos Lavradores : questions fréquentes

Quels sont les horaires d’ouverture du Mercado dos Lavradores ?

Du lundi au jeudi, il ouvre en général de 7 h à 20 h environ, le vendredi jusqu’à 21 h environ, et le samedi de 7 h à 19 h ou 20 h environ. Il est fermé le dimanche. Les horaires varient un peu selon la saison : considérez-les comme une indication plutôt qu’une garantie.

Quel jour choisir pour visiter le marché ?

Le vendredi et le samedi matin sont les moments où le marché est le plus animé et le plus fourni, avec le meilleur choix de poisson et de produits. Pour flâner sans la foule, une matinée de semaine en milieu de matinée est plus calme, même si certains étals sont plus clairsemés.

La dégustation de fruits au marché est-elle gratuite ?

Non. Les vendeurs découpent souvent une tranche de fruit et vous la tendent avant même d’avoir discuté le prix — ce n’est pas un échantillon gratuit, c’est l’amorce d’une vente. Si vous la mangez, on pourra vous demander de payer, parfois à un tarif au kilo gonflé.

Qu’est-ce que l’espada preta et où le voir dans le marché ?

L’espada preta, ou poisson-sabre noir, est un poisson des grands fonds, long, noir et fin comme un ruban, spécialité de Madère. Il est vendu sur l’étage du poisson (piso do peixe), au niveau inférieur du marché, généralement disposé sur glace en piles enroulées spectaculaires.

Faut-il prévoir des espèces pour le marché ?

Les espèces restent utiles, notamment pour les petits étals et les bars à jus, même si la plupart des grands étals de fruits et de souvenirs acceptent désormais la carte. Prévoir un mélange de petites coupures et de pièces facilite le paiement exact et évite les litiges sur la monnaie.

Le marché est-il un bon endroit pour acheter des souvenirs ?

On y trouve des étals de vannerie, de broderie, d’épices et de vin de Madère ou de poncha en bouteille, avec une qualité très variable selon les étals. Considérez les étals à souvenirs comme distincts des étals alimentaires, et comparez quelques prix avant de vous engager, car les prix affichés ne sont pas toujours fixes.

Peut-on déjeuner au marché ?

Quelques petites gargotes et bars à jus se trouvent à l’intérieur et autour du bâtiment du marché, pratiques pour un jus tropical ou un en-cas rapide, mais le marché lui-même n’est pas vraiment un lieu de déjeuner assis. La scène culinaire plus large de Funchal est mieux couverte ailleurs.

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